Samedi 26 juin 2010 6 26 /06 /Juin /2010 12:19

Vers une solution durable de financement de la culture en Afrique.

IMG 0770De nos jours, le secteur culturel est au cœur d’énormes enjeux dans les domaines artistiques, sociaux, économiques et même politiques.

C’est ainsi qu’en Afrique, ce secteur est encore confronté aux problèmes de financement  et de capacité de ses acteurs.

Le problème de financement est néanmoins le plus récurrent et le plus épineux parce qu’il est la cause de tous les autres maux.

Jusqu’à ces derniers temps, le financement de la culture en Afrique était essentiellement basé sur les subventions et les autres financements publics tels que les financements extérieurs. Les Etats africains eux-mêmes par faute de moyens mais aussi par faute de volonté politique peinent à s’investir dans ce domaine. Question de priorité politique. L’Afrique a d’autres priorités nous dira-t-on. Il faut bien se nourrir, bien se vêtir avant de penser à la culture. Et c’est justement cette culture de la culture qui nous ruine lentement et nous aliène progressivement.

Du coup, nos dirigeants font du financement de la culture une affaire de second rang laissé à la disposition, au bon vouloir et au bon sens de la coopération étrangère. Pour tout dire, c’est l’autre qui doit entretenir notre culture à nous. Raisonnement insensé que de penser que c’est notre ami qui est plus intéressé que nous à notre manière de vivre, de penser ou d’agir. C’est l’autre qui a plus intérêt que nous à notre culture.

Peut-on en réalité financer quelque chose dont on n’a aucun intérêt ?

Depuis longtemps nous avons appris à se faire payer pour sauvegarder notre culture, nous avons appris à mendier afin de valoriser notre culture. Et tout ceci au nom de quoi ?

Certainement au nom de la coopération nous dira-t-on.

Mais comme le dit un adage de chez nous, « si la main qui reçoit ne se fatigue pas, celle qui donne finit par s’essouffler ». Il est un constat de nos jours. Au fil des temps, les bailleurs de fonds extérieurs finissent par se lasser.

La coopération bilatérale a progressivement fait place à la coopération multilatérale au nom du transfert de compétences. Les métropoles ont progressivement laissé cette prérogative au grand regroupement qu’est l’Union Européenne.

Très bientôt nous allons assister au nom de la mondialisation, au désengagement des grands regroupements régionaux tels que l’Union Européenne en Europe, l’ALENA en Amérique du Nord, et l’ASEAN en Asie, au profit des groupes mondiaux tels que l’OMC, le PNUD, l’UNESCO et les institutions de Bretton-Woods.

Et l’Afrique dans tout cela ?

L’Afrique attend sagement que tout le système se mette en place et lui soit profitable. Pourvu qu’elle continue par recevoir des aides et autres subventions pour la coopération et les échanges culturels.

Qu’on le veuille ou non la culture est un bien identitaire et de ce fait, se doit d’être protégée, promue et valorisée. Nul ne peut donc mieux le faire que nous-mêmes.

Il nous paraît inadmissible qu’on puisse répandre sa pauvreté jusqu’à la culture qui devrait être à notre avis l’essence même de notre existence.

La culture se vit ! Elle ne s’invente pas, elle de se crée pas et elle ne se mendie pas.

L’Afrique devrait se forger une dynamique pour financer sa culture à l’heure de la mondialisation. Car en fait, mis à part la richesse naturelle dont elle regorge et qui fait l’objet de convoitises qu’on connait, l’Afrique recèle de véritables trésors artistiques et culturels. L’Afrique est dotée d’immenses gisements culturels inexploités. Faut-il encore attendre qu’on vienne nous apprendre à les exploiter ?

Il n’est plus de doute que la culture constitue un des fondements des nouveaux modèles de développement dans le monde. Ce qui doit plus valoir pour l’Afrique.

Il revient donc aux africains de se doter de véritables modèles de développement culturel. Et ceci doit passer par le privilège d’un développement intérieur avec les moyens et les ressources intérieurs.

 

Le privilège du financement privé

 

Nous parlions de financement comme véritable problème au développement culturel de l’Afrique.

Il faut donc pour résoudre ce problème, asseoir une politique de financements intérieurs de la culture. Il en existe deux types : les financements publics et les financements privés.

Parlant de financements publics, les Etats africains parce qu’ils sont en majorité appauvris et les banques parce qu’elles ne font pas encore confiance au secteur culturel qu’elles jugent à risque, ne se résolvent pas à financer la culture en Afrique.

Il ne reste qu’à s’appuyer sur le financement privé qui doit être l’issue de salut pour le secteur culturel.

Cependant, il faut régler certains détails et huiler certaines machines avant que la locomotive ne se mette sur les rails.

L’éducation de la population nous semble la première étape à franchir. Car la culture et son développement trouve leur fondement dans l’existence de la population qui les incarne. Elle est la masse consommatrice et le premier acteur du développement culturel.

Le renforcement de la capacité des acteurs culturels devient une exigence pour la réussite de ce projet tant est que cette couche de la population est la locomotive du développement culturel. La professionnalisation des acteurs culturels est une nécessité parce qu’il faut professionnaliser le secteur culturel.

Le secteur culturel étant de nos jours financiarisé (financiarisation de la culture), il faut donc des professionnels pour assurer sa gestion et son existence.

L’institution d’un cadre juridique et institutionnel adéquat pour le secteur culturel devient un gage de développement parce qu’il faut des instruments juridico-institutionnels pour garantir la fiabilité, la viabilité et la rentabilité des projets et investissements culturels.

La légalisation et la formalisation des activités et entreprises culturelles créent un cadre économique assaini et serein pour le développement culturel. Il faut donc créer un cadre légal pour les structures culturelles quelles qu’elles soient en privilégiant les petites et moyennes entreprises culturelles parce qu’elles reflètent la réalité économique des Etats africains et elles constituent la fondation de leurs économies.

En Afrique, la majorité des entreprises culturelles (environ 90% des opérateurs économiques sont des PME/PMI) évolue dans l’informel. Ce qui crée un énorme manque à gagner pour les économies nationales.

Enfin le développement du mécénat comme outil par excellence de financement de la culture devrait être une des meilleures solutions du développement culturel en Afrique.

Simplement parce que le concept du mécénat cadre bien avec le système sociologique africain basé sur l’entraide et le bénévolat. En instituant le mécénat culturel en Afrique, on pourra être sûr d’avoir touché le réel point de développement culturel. Que ce soit le mécénat financier, le mécénat en nature ou encore le mécénat de compétence, l’Afrique est socialement préparée et prédisposée pour y adhérer et le pratiquer. Ce qui du coup devient un chantier beaucoup plus jouable et moins compliqué que les autres moyens de financements qu’il faut adapter aux réalités de nos Etats quand on sait que le « copier-coller » ne marche pratiquement jamais en Afrique. A suivre …

Par Jean-Luc Gbati Sonhaye
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Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /Juin /2010 23:08

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Eco-culture, une autre manière de penser culture ?

 

Dans notre dernière publication (« Le développement culturel durable, utopie ou réalité ? »), nous proposions de prendre désormais en compte la culture comme le quatrième pilier du développement durable qui fonde l’Agenda 21 de la culture.

Ici nous allons nous attarder sur le nouveau phénomène qui est en cours dans la plupart de pays européens, ce qu’on pourrait appeler la nouveauté culturelle.

On parle fréquemment de développement culturel durable avec la prise en compte de l’environnement, de la défense de la nature ou encore de la gestion plus rationnelle des ressources limitées de notre planète.

Ainsi, l’actualité est à l’initiation et au développement d’éco-projets culturels ou des éco-manifestations. Et pour ce faire, beaucoup millions d’euro sont mis en jeu. Les partenaires en développement et autres pouvoirs publics n’hésitent pas à décaisser des fonds pour soutenir des actions culturelles écologiques. Du coup, plusieurs acteurs culturels se sont lancés dans la mise en œuvre des actions culturelles écologiques : éco-festivals, éco-tourisme, éco-concerts. Ce sont bien là des expressions qui nous reviennent très fréquemment.

Il y a de nos jours une forte fièvre autour de ce nouveau concept qui engage les dirigeants occidentaux. Des politiques aux économistes en passant par les religieux chacun est conscient qu’il faut changer de comportements. Se départir de ses vieilles habitudes ou chez les religieux, se dépouiller du vieil homme et de se revêtir du nouvel homme.

De nos jours le nouvel homme c’est l’environnement. Rien ne doit être fait sans tenir compte de l’environnement ; rien ne doit être entrepris sans tenir compte de la nature. Et cela, d’imminents acteurs en développement l’ont proposé depuis des années comme solution au problème de développement et comme ingrédient au développement durable.

Seulement avec le temps on finira bien vite par se rendre compte qu’il était difficile de changer de comportements sans agir sur la culture, un trait intrinsèque à l’homme dans son existence. On intégrera celle-ci dans les composantes du développement durable en parlant habilement de développement culturel durable. Désormais, au lieu d’avoir un socle à piliers en forme triangulaire (économie, social et environnement), on en aura un quadripède (économie, social, environnement et culture).

Un grand bouleversement venait donc d’être opéré. Il fallait repenser la culture et à travers elle, ses composantes. La course aux initiatives dites innovantes venait donc d’être lancée.

Les acteurs culturels se sont très tôt mis à l’œuvre. Il s’agit de réorienter les actions de la culture à la lumière des principes du développement durable. Des propositions fusent.

Alors que d’aucuns créaient de nouveau projets, d’autres reformaient les leurs pour les réadapter aux nouvelles réalités ou du moins aux nouvelles exigences.

C’est le cas par exemple de l’Association AMI - Centre de Développement pour les Musiques Actuelles qui expérimente depuis deux ans un éco-festival dénommé « Festival MIMI ».

En réalité ce festival est à sa 25ème édition cette année (2010). Mais depuis sa 24ème édition (2009), les organisateurs ont bien voulu introduire une touche écologique. Ce qui est tout à fait normal pour être à la mode.

Pour cette 25ème édition, une touche nouvelle, le parcours installation visuelle et sonore qui viendra s’ajouter à au concert classique du festival.

Les instructions ont été formelles. Tout doit être pensé en respect à l’environnement. D’ailleurs il ne pouvait en être autrement puisqu’il fallait être en conformité avec le cahier des charges de l’institution AGIR (Action Globale Innovante pour la Région) de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Bien sûr, car à l’instar de bon nombres d’opérateurs culturels, le festival MIMI pour bénéficier cette année de financements, devrait remplir les critères de sélections exigés par AGIR. L’appel à projets pour l’amélioration des performances environnementales des sites et équipements culturels qui a été lancé se voulait très sélectif : beaucoup d’appelés mais peu d’élus… Dieu merci, le festival MIMI se trouvait parmi les heureux élus. Et pour cause, la première édition écolo., la 24ème édition, a été une parfaite réussite ce qui plaçait du coup l’Association AMI parmi les pionniers de cette pratique qu’est l’éco-culture.

En plus, l’un des facteurs de ce choix du festival MIMI pour l’expérimentation de l’éco-culture est sans doute le symbole de lieu ou cadre physique de ce festival : l’Ile du Frioul, joyau de la ville de Marseille.

En effet, le Frioul est désormais un quartier de Marseille, administrativement rattaché aux 1° et 7° arrondissements, c'est-à-dire au 3° secteur, Marseille relevant de la loi PLM de 1982 (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Archipel_du_Frioul). Un beau site touristique.     

Tout compte fait, le festival MIMI et l’île du Frioul forment une belle opportunité. Tous les acteurs qui s’y impliquent sont presque sûr de s’en sortir gagnants.

C’est pourquoi cette année, tout est mis en œuvre pour que le festival présente son plus beau trait écologique : éco-bar (toutes les boissons sont made in Marseille), éco-stands (les stands présents sont des stands locaux avec du matériel local, les fournitures utilisées sont facilement recyclables ou réutilisables, les repas proposés sont bio. Tout compte fait il faut consommer local, nature et sans gène. Le nouveau venu, le parcours installation visuel et sonore est quant à lui plus ficelé : moins de bruits et pas de luminosité qui puissent gêner la tranquillité des bestioles de l’île. Les fréquentations du public doivent être gérées sur mesure afin de ne pas abîmer la flore. Il faut donc trouver un équilibre statique du ni plus ni moins. Tel est le défi des organisateurs du festival MIMI cette année.

L’éco-culture est-ce vraiment une nouveauté ?

Cette question mérite ici d’être analysée. Est-ce nouveau, cette manière de faire la culture en respectant la nature et ses composantes ?

En tout cas une chose est sûre si en Europe, cela peut paraître nouveau, en Afrique c’est un mode courant. En Afrique, la nature est au cœur de toutes manifestations culturelles et les préceptes sont unanimement admis. On ne peut y organiser un quelconque festival sans consulter et obtenir les autorisations nécessaires des gardiens de la nature. On pourrait se demander le rôle que joueraient ces gardiens de la nature en Afrique.

C’est tout aussi vrai que la mission des agences et autres organismes de protection de l’environnement est d’assurer la promotion et la protection de l’environnement.

Mais alors que ce concept d’éco-culture n’est qu’à sa phase d’expérimentation en Europe, ne soyons pas surpris qu’un jour on nous la propose comme modèle culturel. En réalité c’est ici que l’Afrique doit se montrer perspicace en se rendant compte qu’elle vit déjà ce que les pays dits développés pensent être leur futur.

Osons-le car il ne peut en être autrement, l’Afrique est le berceau de l’humanité, il est le début et la fin du monde… Il est la porte de sortie des pays dits développés. Il est le chemin qui mène au développement durable.     

 

Par Jean-Luc Gbati Sonhaye
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 06:15

Le développement culturel durable, utopie ou nécessité ? images10

Acteurs culturels locaux, nous sommes confrontés à la diversité des cultures au sens anthropologique (cultures jeunes, urbaines, rurales, religieuses, étrangères, etc.) et aux identités des territoires. Au-delà de l'offre culturelle d'excellence qui a été jusqu'alors le fondement  de la politique française, basée sur la création et la diffusion, nous sentons bien que s'impose aujourd'hui  l'exigence d'une meilleure prise en compte de la participation et des droits culturels des citoyens (la nécessité de faciliter une pluralité de choix), dans l'esprit de la Convention de l'Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (en se rappelant que celles-ci  évoluent et qu'il ne s'agit pas de les figer une fois pour toutes, mais de savoir équilibrer l'expression des cultures traditionnelles avec la création de nouvelles formes culturelles).

Les politiques culturelles de nos collectivités reposent sur la notion de « projet culturel » et répondent à des enjeux de société  (ne se réduisant pas à des programmations et à des dispositifs sectoriels).  Elles sont mises en œuvre grâce à  des budgets de « fonctionnement »... et pourtant l'enjeu du développement culturel est avant tout un « investissement » : un investissement dans l'humain, en prenant en compte sa part de sensible, d'intime  et d'imaginaire. Le rôle de la culture doit être inscrit dans le développement de chaque individu et dans l'épanouissement collectif afin que nous puissions faire société (mieux-vivre ensemble), en restant vigilants face aux dérives de l'individualisme et du relativisme culturel. Les politiques culturelles locales, sous-tendues par des valeurs telles que le pouvoir de création, la connaissance critique, le travail de mémoire, la diversité et le dialogue interculturel ... sont parties prenantes du développement de la démocratie et de la citoyenneté.

C'est pourquoi  le triangle du développement durable - croissance économique (soutenable), inclusion sociale et équilibre environnemental -semble insuffisant :  la culture pourrait en devenir le quatrième pilier, dans le cadre d'Agendas 21 de la culture qui s'appuient sur un document de référence adopté en 2004 par « Cités et Gouvernements locaux unis », auxquels se sont déjà associées environ 300 villes et organisations du monde entier (telles que  le Québec, Barcelone, Gênes, Genève, Lille, Saint-Denis, etc.).

Et concrètement ?

Les collectivités peuvent bien sûr participer, à leur niveau, à de bonnes pratiques écologiques, en incitant par exemple  les responsables des festivals à une  gestion cohérente des déchets générés par ces manifestations, ou encore les maitres d'ouvrage à restaurer et valoriser leur patrimoine historique, architectural et paysager dans l'esprit du développement durable.

On doit aussi s'intéresser aux actions artistiques qui explorent la dimension culturelle du développement durable, tant dans leur contenu que dans leur forme (quel moment du processus artistique va-t-on partager pour rapprocher la création artistique des habitants, où et comment ?).

Par ailleurs, on peut s'attacher à :

- soutenir le pluralisme (manifestations interculturelles), croiser les réseaux et les disciplines artistiques (en soutenant notamment l'émergence des arts de la rue et de la piste, des arts numériques, du hip hop, du slam etc.), développer les échanges artistiques et culturels (mobilité des artistes et des œuvres) ;

- développer les actions structurantes, de proximité (moins médiatiques mais qui touchent un public nouveau), l'éducation artistique des jeunes, la médiation culturelle, la participation et la formation des amateurs et des associations ;

- lutter contre l'exclusion culturelle (en faveur des résidents en maisons de retraite, à l'hôpital, en prison, avec des personnes en situation de handicap ou d'insertion) ;

- réfléchir aux meilleures politiques tarifaires, créer des instances consultatives.

La culture est aussi et avant tout un moteur de transversalité avec les autres secteurs de la collectivité (politique de la ville, social, éducation, économie/tourisme, environnement...). On pourrait imaginer d'inclure davantage une perspective culturelle dans toutes les politiques publiques œuvrant  dans le sens du développement durable (et concernant  le parcours des personnes, de leur naissance à leur mort).

S'il s'agit d'une démarche volontariste, généreuse et ambitieuse, il n'empêche : les élus locaux et la société civile  peuvent  s'emparer de cette notion de développement durable pour relancer autrement les politiques culturelles locales, imaginer une nouvelle gouvernance culturelle et s'interroger sur de nouveaux modes d'évaluation.

François DESCHAMPS

Pour poursuivre : allez visiter la plateforme d'échanges de pratiques : www.reseauculture21.fr

Par Jean-Luc Gbati Sonhaye
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /Déc /2009 02:29

imagesQuand l'UE apporte son soutien au secteur culturel dans l'espace CEDEAO plus la Mauritanie : Onze (11) projets culturels financés par le Fonds Régional pour la Promotion de la Coopération et des Echanges Culturels en Afrique de l'Ouest

Fonds Régional pour la Promotion de la
Coopération et des Echanges Culturels en Afrique de l'Ouest
Commission UEMOA 380,Avenue du Pr Joseph KI-Zerbo
11BP104 OUAGADOUGOU CMS II BURKINA FASO
+226 50308188

La Commission Européenne, en partenariat avec les Commissions de l'UEMOA et de la CEDEAO finance 11 projets d'appui au développement du secteur culturel en Afrique de l'Ouest, dans le cadre du projet "Fonds Régional pour la Promotion de la Coopération et les Echanges Culturels en Afrique de l'Ouest", pour un montant total de 2. 269.554 €.
Cc

Cet appui s'inscrit dans le cadre global de l'accompagnement du processus d'intégration porté par les Commissions de l'UEMOA et de la CEDEAO.
L'objectif global du projet est de soutenir le développement des échanges, des réseaux et de la coopération entre les acteurs culturels de la région, dans la perspective de la construction d'un espace culturel communautaire.
Les objectifs spécifiques sont : (i) développer des synergies, des complémentarités, des collaborations et des partenariats entre les acteurs culturels de la région; (ii) accroître la circulation et la valorisation des acteurs, des œuvres et de l'information culturelle au sein de la région.

L'enveloppe disponible d'un montant de 2. 280.000 € était en deux lots :
- lot 1 : 1.500.000 € portant sur les actions pluriannuelles et intégrées visant le développement de pôles, intéressant les acteurs de plusieurs pays et contribuant au développement des échanges ;
- lot 2: 780.000 € portant sur les actions spécifiques novatrices ou exemplaires aux effets multiplicateurs sur le développement des échanges et de la coopération dans la région.

A la suite de l'appel, l'UGP a reçu 178 projets proposés par les acteurs de treize pays sur les seize, concernés par le projet. A l'issue des différentes étapes d'évaluation, conformément aux procédures du 9ème FED, 11 projets ont été retenus pour financement pour un montant total de 2. 269. 554 € Ces projets se repartissent ainsi :
- lot 1 : 8 projets portant sur des actions pluriannuelles pour un montant total de
1.869. 199 €,
- lot 2: 3
projets portant sur des actions ponctuelles pour un montant total de 400. 355 €.

Les actions financées portent essentiellement sur l'accès et la participation du plus grand nombre de citoyens d'Afrique de l'Ouest à la culture ; le renforcement, la valorisation et le partage de l'expertise de la région (compétences artistiques, techniques et de gestion) ; le développement de la création avec un accent particulier tant sur la revitalisation des techniques et de savoirs traditionnels (approche contemporaine de la tradition) que sur le développement de nouvelles formes d'expression liées notamment aux nouvelles technologies; la mise en valeur du patrimoine de la région dans sa diversité et de l'héritage commun.


LES PROJETS FINANCES



LOT 1

Demandeur:
Théâtre Agbo N'Koko (Benin)
Intitulé de l'action :
Présence au pluriel
Partenaires : Rencontre des continents.
Lieux de l'action: Benin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Sénégal, Niger, Togo.
Montant de la subvention: 277. 376 €
Ce projet est consacré à la diffusion de l'information culturelle à travers l'édition et la diffusion d'une revue culturelle panafricaine bimestrielle, la création d'un site Internet et d'une WEB TV dédiés à l'art et la culture dans l'espace CEDEAO.

Demandeur:
Atelier Mar (Cap Vert)
Intitulé de l'action : Métiers Traditionnels et design
Partenaires : Conservatoire des Arts er Métiers Multimédia Balla Fasseké Kouyaté (Mali), Accents Multiples, Synergies Contemporaine (Sénégal)
Lieux de l'action: Cap Vert, Mali et Sénégal
Montant de la subvention: 237.301 €
Une initiative autour d'ateliers d'échanges entre les artisans et designers des trois pays - des travaux communs de productions, des expositions - la production de supports tels que livres, catalogues, site web, vidéo - une formation sur le marketing, le design et les questions de propriété intellectuelle.

Demandeur:
DOC NET FILMS (France)
Intitulé de l'action :
Distribution et diffusion de films documentaires de création ouest- africains dans la sous région
Partenaires : Réseau Associations du Cinéma Numérique Ambulant (Burkina Faso, Mali, Benin et Niger), Association Ciné nomade (France), Maison des cinéastes en Mauritanie, Institut de Formation aux technologies de l'Information et de la Communication (Niger), Université Gaston Berger (Sénégal),
Associé: Doc Net Africa (Sénégal) éditeur et distributeur
Lieux de l'action: Burkina Faso, au Benin, Mali et Niger, Sénégal, Mauritanie, France, Belgique
Montant de la subvention:113.619 €
Le projet porte sur l'organisation de projections itinérantes de 36 documentaires du programme, en ville et en milieu rural au Burkina Faso, au Benin, Mali et Niger et en Mauritanie avec paiement systématisé des droits d'exploitation des films aux auteurs et producteurs - la mise à disposition de 36 DVD documentaires dans les médiathèques des deux universités partenaires - la distribution et la vente de DVD documentaires ouest africaines en France, en Belgique et en Afrique - l'organisation de rencontres inter-partenaires.

Demandeur:
Ardèche Images
Intitulé du projet: Réseau de formation au film documentaire de création en Afrique de l'Ouest

Partenaires :
Centre National de Production Audiovisuelle (Togo), Institut de Formation aux technologies de l'Information et de la Communication (Niger), Université Gaston Berger de Saint Louis (Sénégal), Instituto National de Cinema e Audiovisual (Guinée Bissau).
Associés: Africadoc Sénégal, Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Togo, Centre National de la Cinématographie du Mali, La Maison des Cinéastes Mauritanie.
Lieux de l'action: Sénégal, Niger, Togo, Mali, Guinée Bissau
Montant de la subvention: 225.884 €
Le projet porte sur l'organisation d'un ensemble de résidences à l'échelle régionale- résidence d'écriture dans 4 pays - résidence annuelle- résidence thématique long métrage - soutien à la production de films de fin d'étude de niveau professionnel - création des outils permettant un recensement, un suivi et une plus grande visibilité des projets de films documentaires d'Afrique de l'Ouest.

Demandeur:
Association pour la Valorisation des masques en Afrique de l'Ouest (Burkina Faso)
Intitulé de l'action :
Valorisation des masques de l'Afrique de l'Afrique de l'Ouest.
Partenaires : Association Towara (Benin), Mutuelle de Moayé Gbofia (Côte d'Ivoire), Mission Culturelle de Badiangara (Mali), Association jeunesse Perspectives, Groupement au Benin, Théâtre OSHUMARE (Benin)
Associés: Association Nationale Cultures et Traditions (France), ASAMA (France)
Lieux de l'action: Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée Conakry, Mali, Nigeria, Sénégal et Togo
Montant de la subvention: 239.697 €
Un projet de recherche sur les masques - organisation de symposium- exposition itinérante - sensibilisation sur le trafic illicite des masques, la conservation des masques, les problèmes environnementaux - des initiations en danses et musiques organisées par les sociétés de masque membres de l'association - détermination de circuits touristiques focalisés sur les masques.


Demandeur:
West African Museums Programme
Intitulé de l'action : Formation des formateurs en conservation des textiles et montage d'expositions dans les musées en Afrique de l'Ouest
Partenaires : British Museum (Grande Bretagne)
Associés: Musée du Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Mali, Mauritanie, Nigeria, Niger, Sierra Leone, Guinée Bissau.
Lieu de l'action: Niger

Montant de la subvention:
279.991 €
Le projet porte sur la valorisation et la conservation des textiles, les activités prévues sont la formation des formateurs en conservation de textile - la préparation et le développement d'un film documentaire - le montage d'expositions et la production d'un guide pratique de conservation de textile.

Demandeur :
Ecole du Patrimoine Africain (Benin).
Intitulé de l'action : Renforcement du Réseau des Etablissements Culturels de l'Afrique de l'Ouest
Partenaires : Observatoire des Politiques Culturelles en Afrique.
Lieux de l'action : Benin, Côte d'Ivoire, Ghana, Nigeria et Togo.
Montant de la subvention: 259.985 €
Le projet porte sur l'identification de centres culturels et la formation d'animateurs - mise en réseau d'établissements culturels des pays cités - mise en ligne des informations sur les établissements culturels.


Demandeur:
Tringa Music et Développement (Sénégal)
Intitulé de l'action : Africa Fête Talent
Partenaires : Umane culture (Burkina Faso), Amicale des Artistes pour le Progrès (Benin), Association Mass Production (Guinée Conakry).

Lieux de l'action:
Sénégal, Guinée, Burkina Faso, Benin.
Montant de la subvention: 235.343 €
Le projet fait le lien entre nouvelles technologies et développement de l'industrie musicale : vente en ligne, recherche de partenaires - lancement d'un processus d'autofinancement des œuvres - développement de supports : TV, audio, web

LOT 2

Demandeur:
Cie Naforoba (Côte d'Ivoire)
Intitulé de l'action : H20 paroles d'eau.
Associés: La Maison de la parole (Burkina Faso), ATC Théâtre (Guinée), LIMPED (Libéria), Maison de contes et de Théâtre (Niger), Body Guard studio (Sierra Leone), Maison du conte (France).
Lieux de l'action: Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Guinée, Niger, Libéria, Sierra Leone, Cap Vert
Montant de la subvention:126.430 €
H2O porte sur la collecte de contes et récits sur les mythes et légendes liés à l'EAU à travers les villages et villes des sept pays concernés par le projet ; la réalisation d'un film documentaire - de cd - la construction d'un site Internet - la rédaction de recueils de contes en français, anglais et portugais - la création d'un spectacle de conte musical- festival de contes dans les trois langues de communication de l'espace CEDEAO.

Demandeur:
Espace Culturel Gambidi (Burkina Faso)
Intitulé de l'action : Festival du Théâtre des Marionnettes de Ouagadougou -FITMO

Partenaires :
Association Culture du quartier du Mali, Compagnie Koykoyo (Niger)
Lieux de l'action: Burkina Faso, Mali, Niger
Montant de la subvention:134. 511 €
Le festival est à sa 12ème édition et programme la diffusion de 25 troupes francophones et anglophones de théâtre, de danse, musique, marionnettes originaires de plusieurs pays d'Afrique - expositions d'arts plastiques - projection de films- rencontres professionnelles - formation technique des acteurs culturels- conférences et Colloques.

Demandeur:
Association du Théâtre de la Fraternité (Togo)
Intitulé de l'action : Festival du Théâtre de la Fraternité -FESTHEF-
Partenaires : Anopée Théâtre (France), Atelier Mobile de Théâtre Avêmian (Benin), Cie Arène Théâtre (Niger), Cie Théâtre Eclair (Burkina Faso),
Associés: Agence Terre Culture (Togo)
Lieu de l'action: Togo
Montant de la subvention: 139.414€
Le festival est à sa 11ème édition, la programmation porte sur les spectacles de théâtre et de contes- théâtre de rue - des rencontres professionnelles, colloques et ateliers de formation - cabarets des auteurs - édition d'œuvres théâtrales et littéraires.






English

EU supports the cultural sector in ECOWAS space plus Mauritania 11 projects supported december 2009 - commissions d'aide contact mail

The European Commission, in partnership with the Commissions of UEMOA and ECOWAS funds 11 projects to support the development of the cultural sector in West Africa within the framework of the project "Regional Fund for the Promotion of Cooperation and Cultural Exchanges in West Africa", for a total amount of 2.269.554 €.

This support is granted within the comprehensive framework of the accompaniment of the integration process implemented by UEMOA and ECOWAS Commissions.
The overall objective of the project is to support the development of the exchanges, the networks and the cooperation between the cultural actors of the area with the prospect of building a community-based cultural center.
The specific objectives are: (I) to develop synergies, complementarities, collaborations and partnerships between the cultural actors of the area; (II) to increase the circulation and the valorization of the actors, works and cultural information within the area.

The available fund of 2. 280.000 € was split into two shares:
- share 1: 1.500.000 € for integrated and multi-year actions aiming at the development of poles, interesting the actors of several countries and contributing to the development of the exchanges;
- share 2: 780.000 € relating to innovative or exemplary specific actions with multiplier effects on the development of exchanges and cooperation in the area.

In response to the call, the UGP received 178 projects proposed by the actors of thirteen countries out of the sixteen concerned with the project. By the end of the various stages of evaluation in accordance with the 9th EDF procedures, 11 projects were selected for financing for an overall amount of 2.269.554 €. These projects are distributed as follows:
- Group 1: 8 projects relating to multi-year actions for a total amount of 1.869 199.020 €,
- Group 2: 3 projects relating to specific actions for a total amount of 400.355 €.

The financed actions relate mainly to the access and participation of the largest number of West African citizens in culture; the reinforcement, the valorization and the sharing of the expertise in the area (artistic, technical and management skills); the development of creation with a special emphasis both on the revitalization of traditional techniques and knowledge (contemporary approach of the tradition) and on the development of new forms of expression, related namely, to new technologies; the development of the diversified patrimony of the area, as well as the common heritage.




FINANCED PROJECTS


GROUP 1

Applicant: Agbo N'Koko (Benin)
Heading of the action: Présence au pluriel
Partner: Rencontre des continents.
Places of the action: Benin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Senegal, Niger, Togo.
Amount of the grant: 277.376 €.
This project is devoted to the dissemination of cultural information through the edition and the circulation of a bimonthly panafrican cultural review, the creation of an Internet site and a WEB-BASED TV dedicated to art and culture in ECOWAS space.

Applicant : Atelier Mar (Cap Verde)
Heading of the action : Métiers Traditionnels et design
Partners : Conservatoire des Arts er Métiers Multimédia Balla Fasseké Kouyaté (Mali), Accents Multiples, Synergies Contemporaine (Sénégal)
Places of the action: Cap Verde, Mali and Senegal
Amount of the grant: 237.301 €.

An initiative around exchange workshops between the craftsmen and designers of the three countries - common work of productions, exhibitions - the production of supports such as books, catalogues, website, video - a training on marketing, on design and on intellectual property issues.

Applicant : DOC. NET FILMS (France)
Heading of the action: Distribution and dissemination of West African documentary films of creation in the sub-region
Partners : Réseau Associations du Cinéma Numérique Ambulant (Burkina Faso, Mali, Benin et Niger), Association Ciné nomade (France), Maison des cinéastes en Mauritanie, Institut de Formation aux technologies de l'Information et de la Communication (Niger), Université Gaston Berger (Sénégal),
Associate: Doc.
Net Africa (Senegal) editor and distributor
Places of the action: Burkina Faso, Benin, Mali, Niger, Senegal, Mauritania, France, and Belgium
Amount of the grant: 113.619 €.
The project relates to the organization of the travelling projections of 36 documentaries of the program, in town and in rural area, in Burkina Faso, in Benin, in Mali and Niger and in Mauritania, with systematized payment of the films' exploitation rights to the authors and producers - the provision of the media centers of the two partner-universities, with 36 documentary DVD - the distribution and the selling of West African documentary DVD in France, in Belgium and in Africa - the organization of meetings between partners

Applicant :
Ardèche Images
Heading of the project : Réseau de formation au film documentaire de création en Afrique de l'Ouest (Network for the training to creation documentary films in West Africa)

Partners :
Centre National de Production Audiovisuelle (Togo), Institut de Formation aux technologies de l'Information et de la Communication (Niger), Université Gaston Berger de Saint Louis (Sénégal), Instituto National de Cinema e Audiovisual (Guinée Bissau).
Associates : Africadoc Sénégal, Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Togo, Centre National de la Cinématographie du Mali, La Maison des Cinéastes Mauritanie.
Places of the action:
Senegal, Niger, Togo, Mali, Guinea Bissau
Amount of the grant: 225.884 €.
The project relates to the organization of a certain number of residences (meetings) on a regional scale- residence on writing in 4 countries - annual residence - residence on the theme of the feature film - support for the production of end-of-study films with professional quality - creation of tools enabling an inventory, a follow-up and a greater visibility of West African documentary films projects.

Applicant: Association for the Valorization of West Africa masks (Burkina Faso)
Heading of the action: Valorization of West Africa masks.
Partners :
Association Towara (Benin), Mutuelle de Moayé Gbofia (Côte d'Ivoire), Mission Culturelle de Badiangara (Mali), Association jeunesse Perspectives, Groupement au Benin, Théâtre OSHUMARE (Benin)
Associates : Association Nationale Cultures et Traditions (France), ASAMA (France)
Places of the action: Benin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée Conakry, Mali, Nigeria, Senegal and Togo
Amount of the grant: 239.697 €.
A research proposal on masks - organization of symposium- touring exhibition- initiations in dances and musics organized by the societies of mask members of the association - determination of tourist tours focused on masks.

Applicant:
West African Museums Programs
Heading of the action: Training of trainers in the conservation of textiles and the setting-up of exhibitions in West Africa museums
Partner: British Museum (United Kingdom)
Associates : Museum of Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Gambia, Ghana, Mali, Mauritania, Nigeria, Niger, Sierra Leone, Guinée Bissau.
Place of the action: Niger
Amount of the grant: 279.991 €.
The project relates to valorization and the conservation of textiles, the activities planned are the training of trainers in the conservation of textiles - the preparation and the development of a documentary film - the setting-up of exhibitions and the production of a handy guide on the conservation of textiles.

Applicant : Ecole du Patrimoine Africain (School of African Patrimony) (Benin).
Heading of the action: Reinforcement of West Africa Cultural Establishments Network
Partner : Observatoire des Politiques Culturelles en Afrique. (Observatory of Cultural Policies in Africa).
Places of the action: Benin, Côte d'Ivoire, Ghana, Nigeria and Togo.
Amount of the grant: 259.985 €.
The project relates to the identification and the training of organizers, - networking of the cultural establishments of the countries mentioned - putting information on cultural establishments on line.

Applicant:
Tringa Music and Development (Senegal)
Heading of the action: Africa Fête Talent
Partners: Umane culture (Burkina Faso), Amicale des Artistes pour le Progrès (Association of Artists for Progress) (Benin), Association Mass Production (Guinée Conakry).

Places of the action:
Senegal, Guinea, Burkina Faso, Benin.
Amount of the grant: 235.343 €.
The project establishes the link between new technologies and development of music industry: on line selling, search for partners - launching of a self-financing process of works - development of supports: TV, audio, web








SHARE 2

Applicant : Cie Naforoba (Côte d'Ivoire)
Heading of the action: H20 paroles d'eau.
Associates : La Maison de la parole (Burkina Faso), ATC Théâtre (Guinée), LIMPED (Libéria), Maison de contes et de Théâtre (Niger), Body Guard studio (Sierra Leone), Maison du conte (France).
Places of the action:
Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Guinea, Niger, Liberia, Sierra Leone, Cap Verde
Amount of the grant: 126.430 €.
H2O relates to the collection of tales and stories on water-related myths and legends in the villages and cities of the seven countries concerned with the project; the making of a documentary film - of CD- the creation of an Internet site, the drafting of tales collections in French, English and Portuguese - the creation of a musical tale spectacle - tales festival in the three communication languages of ECOWAS space.

Applicant:
Espace Culturel Gambidi (Burkina Faso)
Heading of the action : Festival du Théâtre des Marionnettes de Ouagadougou -FITMO

Partners :
Association Culture du quartier du Mali, Compagnie Koykoyo (Niger)
Places of the action: Burkina Faso, Mali, Niger
Amount of the grant: 134.511€.
It is the 12th edition of the festival and it plans to stage 25 French-speaking and English-speaking companies of theater, dance, music, puppets coming from several African countries - exhibitions of visual arts - projection of films professional meetings - technical training of cultural actors- Conferences and Colloquiums.

Applicant :
Association du Théâtre de la Fraternité (Togo)
Heading of the action : Festival du Théâtre de la Fraternité - FESTHEF- Partners : Anopée Théâtre (France), Atelier Mobile de Théâtre Avêmian (Benin), Cie Arène Théâtre (Niger), Cie Théâtre Eclair (Burkina Faso),
Associates : Agence Terre Culture (Togo)
Place of the action: Togo
Amount of the grant: 139.414€
It is the 11th edition of the festival, the programming relates to drama and tales spectacles - street drama - professional meetings, training colloquiums and workshops - authors meetings - edition of dramatic and literary works.

 

Par Jean-Luc Gbati Sonhaye
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 07:40

Création du Fonds d’aide à la culture : Le début des grandes interrogations

togocultures.com

Le 11 novembre 2009 dernier, le Conseil des Ministres du Gouvernement Togolais a annoncé l’adoption du décret portant « organisation, exploitation et financement du Fonds d’aide à la culture ». Le communiqué officiel rendu public annonce que le projet de décret est une concrétisation, un texte d’application de la loi adoptée le 23 novembre 1990 relative à la protection du patrimoine politique national qui prévoyait la mise en place de ce fonds.

 
 
 

 

19 ans après le vote de la loi, le texte d’application est donc adopté ! Il fallut donc 19 ans pour passer à la phase opérationnelle du Fonds. Pour qui connaît le Togo, cela se comprend puisque 1990 correspond à une période de réformes controversées, le texte ayant été voté par un gouvernement à l’époque aux mains de l’opposition.
Commentant la décision du Conseil des Ministres, Oulégoh Kéyéwa, Ministre de la Communication et de la Culture, affirme : « ils sont nombreux les artistes, les journalistes qui ont insisté pour que le Fonds soit créé. Mais l’élément déterminant est l’impulsion du Chef de l’Etat. » Il convient alors de souligner le courage du Chef de l’Etat qui inscrit la création de ce fonds dans la continuité de l’action gouvernementale tout est comblant un manque. Par ailleurs, ils sont unanimes les acteurs culturels à saluer cette création qui officialise pour la première fois au Togo l’intervention publique dans l’action culturelle. Curieusement, tous sont convaincus que rien n’est joué et que le plus difficile est devant nous.
On s’en doute, l’inquiétude principale qui résulte de cette annonce est résumée devant le Ministre de la Communication et de la Culture le 14 novembre 2009 lors de la remise du 5ème Prix d’Excellence de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest regroupant 15 Etats membres) par le Chargé des Affaires Culturelles de l’Institution sous-régionale, M. Mamadou Guèye. Celui-ci, tout en se félicitant de la « création du Fonds d’Aide à la Culture destiné à soutenir la promotion des arts et de la culture » a émis le souhait « qu’il devienne pleinement opérationnel et réponde, dans toute la mesure du possible, aux espoirs des acteurs culturels ». Comment peut-il en être autrement lorsque l’appel à l’intervention de l’Etat dans le financement des activités et des initiatives culturelles a fait l’objet de multitudes de requêtes depuis des années et que souvent, au Togo, on vote les lois sans leur donner l’occasion de se concrétiser ?

Un artiste, Agbo Sétodji, marionnettiste, a souvent d’ailleurs chanté sous le regard amusé du Ministre de la Culture lors d’intermèdes scandant des célébrations dans le Département ministériel que « depuis leur création, les fonds de dotation pour la culture sont restés sans sous » et d’interpeler les pouvoirs publics qu’ils donnent au Trésor public des ressources pour le développement culturel. Ainsi, tout en reconnaissant l’effort fait par le gouvernement, l’ensemble des artistes et professionnels de la culture togolais restent dans l’expectative et s’inquiètent : Quel est le montant de ce fonds ? Comment surtout vont être organisés les mécanismes de sa répartition ? Quels seront les conditions et les critères d’attribution ?
Déjà, selon les sources proches du dossier, un premier obstacle a été levé. En effet, le projet de loi prévoit que le président de la commission de gestion du fonds soit nommé par décret pris en Conseil des Ministres et non par arrêté ministériel. Cela est très important, sinon la commission sera instrumentalisée et pourrait être un jouet dans les mains des ministres de la culture successifs. Cependant, cette disposition ne semble pas constituer la solution à toutes les dérives imaginables : comment donc faire en sorte que le Fonds soit réparti un tant soit peu équitablement entre les porteurs de projets culturels ? On craint le clientélisme, le copinage, comme on dit ici : le « mindéfrérisme » : « donnez à celui-ci, c’est mon frère ! » ; bref la politisation et l’arbitraire. C’est pourquoi certains n’hésitent pas à suggérer que l’Etat confie à un cabinet privé le soin de la gestion du pactole, avec bien sûr précision du mode de contrôle et obligation de résultats.
C’est dire que les acteurs culturels ne doivent pas attendre qu’un problème aussi important que le mode de gestion et d’attribution du fonds soit réglé seulement dans l’arène politique. Ils ont leur mot à dire en vue de l’équité dans la répartition d’une aide octroyée par les contribuables togolais.

 

Par Jean-Luc Gbati Sonhaye
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